Chapitre 2
Deuxième partie
Uranie alla
chercher des fourrures, en scrutant attentivement les alentours
ombragés du camp.
Elle déposa une
fourrure sur un rocher de grande taille et s'assit sur celui-ci.
Trois paires d'yeux guettèrent chacun de ses mouvements. Face à son
public, son visage se fit plus sombre que d'habitude, son regard
était sérieux et inquiétant. C'est alors qu'elle commença d'une
voix grave :
« Cette
histoire n'est pas la plus célèbre de mon peuple pour la simple
raison que les gens préfèrent l'oublier... C'est une histoire vraie
qui s'est déroulée le siècle passé ….
« Dans une
contrée profondément reculée, existait un village bien mystérieux
situé à l'orée d'une forêt dont le nom faisait frémir plus d'un.
Elle était si immense que de nombreux chasseurs, fermiers ou simples
inconscients n'étaient jamais revenus chez eux et personne n'avait
retrouvé leur dépouille.
Dès qu'on
pénétrait dans l'immensité feuillue, on pouvait ressentir une
sensation d'inquiétude et de malaise qui pouvait vite devenir
étouffante au bout de quelques minutes de marche.
« Mais ce
n'était pas ce que les villageois redoutaient le plus … les soirs
étaient bien plus terrifiants ! C'est à ces moments ténébreux
que l'on pouvait entendre les plaintes gémissantes des « habitants »
de la forêt, des habitants qui demeuraient invisibles, cachés dans
les tapis de végétation, à l'abri des regards mais qui pourtant
n'hésitaient pas à tuer de façon inhumaine de pauvres animaux
domestiques.
« Ces
« habitants » n'étaient pas la seule source
d'inquiétude. La végétation était aussi très abondante. Il y
avait de nombreuses espèces inconnues et les marais aux alentours
étaient favorables au développement de certaines espèces
carnivores pouvant atteindre parfois trois mètres de haut. Chaque
jour, l'immensité verte poussait un peu plus, de façon à
« engloutir » le village. Les villageois les moins
cultivés pensaient que la forêt possédait une âme et que de cette
façon, elle luttait contre l'implantation des humanoïdes.
« Malgré
tout, les quelques courageux qui osaient rester, avaient une raison
toute particulière : l'exploitation des marais alentour, riche
en vers de terre dits « orpoff » . L'agriculture du pays
et des alliances marchandes utilisaient les précieux vers de terre
comme « engrais » non spécifique pour leurs cultures. En
effet, ce ver avait de multiples fonctions dont la plus rentable
était l'abandon de l'année de jachère et la présence d'un élément
rarissime dans ses excréments qui protégeait la plante des
éventuelles maladies. Tout partout, ces vers se vendaient à prix
d'or ! En effet, le cycle de reproduction de ce ver n'avait
toujours pas été découvert, ce qui augmentait le mystère de cette
zone peu commune...
« Malgré
la possibilité de devenir riche, les gens n'étaient pas très
tentés de venir s'implanter dans cette zone à cause des rumeurs qui
circulaient sur les accidents
…
Accident n'est peut
être pas le bon terme à employer car personne n'a été témoin de
l'une de ces scènes tragiques, beaucoup de gens prenaient cet
argument pour étayer leurs hypothèses de « forêt vivante »
mais certains, comme les propres villageois savaient que des entités
les surveillaient …
« Le village
portant le nom de « Proklet » comptait une cinquantaine
d'habitants
dont quelques
familles incomplètes car souvent les femmes restaient dans un autre
village à quelques kilomètres, loin de la dangereuse forêt.
Pourtant quelques
familles faisaient exception. Leurs enfants vivaient dans le village
et aidaient leur père à la récolte des vers. Leur mère étant
morte, le père ne pouvait pas les laisser seuls.
Parmi ces enfants,
il y avait deux jeunes filles, l'une avec un caractère fougueux et
curieux et l'autre avec un côté plutôt paresseux, se laissant
vivre sans contrainte.
« Malgré
leurs différences, leur amitié était sans faille et elles
passaient souvent leurs journées ensemble à embêter les garçons, ou
effectuant des tâches ménagères comme la couture, la cuisine avec
l'aide de deux vieilles femmes qui vivaient également à Proklet.
Les deux vieilles
femmes, ayant pour moyenne d'âge environ 75 ans, avaient pris sous
leur aile les petites indisciplinées en leur enseignant de
nombreuses activités qu'une femme pratique généralement. Ce fut
une entreprise bien difficile pour ces petites sauvageonnes qui
avaient été élevées parmi des hommes, et dont leurs manières de
s'exprimer donnaient la chair de poule aux petites mamies du village.
On les surnommait
les « bibliothécaires » du village car elles possédaient
une connaissance sans faille et des centaines de livres et autres
manuels chez elles.
« Leurs mois
préférés étaient ceux de la récolte des vers, elles aimaient
patauger dans la boue, qui leur arrivait généralement au niveau de
la moitié de la cuisse, tout en tractant ces vers qui grouillaient
de partout dans ces eaux sales.
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Crayonné by Kafkami |
Le meilleur était
lorsqu'elles attrapaient autre chose que des vers. La faune était
foisonnante d'insectes les plus étranges les uns que les autres.
Elles ne gardaient que les lumineux, qui leur servaient de lampes une
fois la nuit venue.
« Tout
semblait normal en ne spécifiant pas les attaques ou les accidents
qui se déroulaient...
Un jour, la plus
curieuse d'entre elle voulait voir ces bêtes qu'on qualifiait
« cendres »... »
Voici la moitié du chapitre deux ! L'histoire se déroule de façon mystérieuse !! Munh munh !!
Désolée pour le dessin même pas en couleur =< C'est de ma faute >_<
Ne vous inquiétez pas, tout va revenir en ordre pour les illustrations hihi !
Kisuuuuu kisuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuu
Signé : votre Kafkami